L’internationalisation, une chance pour les PME et ETI


L’aéronautique est un exemple remarquable d’activité économique mondialisée. En France, plus de 80% du chiffre d’affaires du secteur est réalisé à l’international. Cette ouverture vers le monde est une chance mais de nouveaux concurrents font leur apparition.

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La France est un acteur majeur au niveau mondial. C’est le deuxième exportateur de produits de l’aéronautique de la planète après les États-Unis : en 2015, elle a fourni près d’un quart des exportations mondiales selon une étude de l’INSEE.

Les ambitions de la Chine

Deux évolutions importantes sont à l’œuvre au niveau mondial :

- On assiste à l’arrivée  de nouveaux entrants parmi les avionneurs. En mai 2017, le C919 de COMAC, premier avion commercial chinois, a effectué un premier vol d’un peu plus d’une heure. La voie du lancement du programme d'essais en vol est ouverte : elle conduira à la certification de cet appareil de 150 places. En s’appuyant sur la taille et le dynamisme de son marché intérieur (croissance prévue du trafic domestique : +6,6% par an en 2016-2036 selon Airbus), la Chine veut être un acteur du secteur et concurrencer les appareils moyen-courriers des deux leaders, Airbus et Boeing. D’autres pays veulent également entrer sur le marché. Le Brésil, qui a bien réussi dans l’aviation régionale (Embraer), cherche à monter en gamme. L’Inde a des ambitions.


-Un nombre croissant de pays veulent dépasser le stade de l’acquisition d’appareils et développer l’intégration locale, obligeant ainsi les entreprises à investir sur place. Airbus a créé des unités d’assemblage en Chine et aux Etats-Unis. Des pays émergents veulent se positionner dans la supply chain des constructeurs (Mexique, Singapour, Maroc, etc.).


Le Maroc, qui a signé en septembre 2016 un important accord avec Boeing en vue de créer une plateforme de sourcing, a développé une industrie de sous-traitance et souhaite « monter en gamme » dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle (PAI). Le canadien Bombardier a ouvert une usine en 2014, qui produit des composants mécaniques et des sous-ensembles (bords d’attaque, etc.) pour les ailes du Canadair Regional Jet. Le groupe a promis l’embauche de 850 salariés d’ici à 2020.


De vraies perspectives pour les fournisseurs français


L’arrivée sur le marché de nouveaux entrants ouvre des perspectives commerciales pour la supply chain française. Le nouveau  C919 chinois est équipé du moteur LEAP  produit par CFM International, société commune 50/50 entre GE et Safran Aircraft Engines. A ce jour, plus de 5 000 moteurs CFM ont été commandés ou ont fait l'objet d'intentions de commande en Chine.

 

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Plus de 5 000 moteurs LEAP, produits par GE et Safran, ont été commandés ou ont fait l’objet de commandes en Chine

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Le développement des processus d’intégration signifie le renforcement de producteurs locaux qui peuvent être, à terme, des concurrents potentiels. Ce phénomène contraint donc les industriels français à ne pas relâcher l’effort en termes d’innovation, de qualité et de capacité à livrer dans les délais prévus.


Mais ces processus ouvrent également des possibilités d’affaires via l’investissement local et la mise en place de partenariats technologiques et industriels. Le Mexique en est un bon exemple de présence française. Safran y a inauguré, en février 2016, sa 10e usine, une unité de plus de 10 000 m², dédiée à la réparation de pièces de moteurs CFM56 et construit actuellement la 11e. En août 2016, un autre équipementier, Daher a inauguré sa 2e usine,  un nouveau site industriel et logistique qui approvisionne le site d’Airbus Helicopters de Querétaro, spécialisé dans les aérostructures métalliques. Au sein d’un complexe de 3 200 m², ce nouveau site approvisionne le centre de production voisin d’Airbus Helicopters, qui fabrique notamment des portes d’issue de secours pour les ailes et des portes de soute pour les avions de ligne monocouloir. La 1e usine, située à Nogales, produit des cellules en matériaux composites.


Une contribution décisive à la balance commerciale


L’aéronautique a dégagé un excédent commercial bilatéral de 18,6 Md€ en 2016, selon les statistiques douanières. A titre de comparaison, les autres excédents industriels significatifs sont ceux de la chimie (10,8 Md€) et de l’agroalimentaire (5,9 Md€).


Les fluctuations et les évolutions de l’industrie aéronautique mondiale ont des conséquences directes et immédiates. En 2016, par exemple, les exportations totales françaises vers les Etats-Unis sont demeurées stables (+0,2 %, 32,7 Md€ après une augmentation de 19% en 2015) en raison essentiellement d’une diminution des ventes d’Airbus.

 


References

Industries:

Best Global Trade Finance Bank, GTR Leaders in Trade 2014

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