« Investir en RMB en Chine a été une opération réussie »


Un entretien avec Emmanuel Kuntz, COO et CFO d’IES Synergy.

IES Synergy

Pouvez-vous nous présenter votre société ?

IES Synergy est une société créée en 1992 et basée à Saint-Aunès, près de Montpellier. Le groupe Eurazeo est notre principal actionnaire depuis 2013 avec 98 % du capital.

La société a deux activités. La première concerne la conception et la fabrication de chargeurs embarqués pour véhicules électriques industriels (monte-charges, grues, etc.). La deuxième a démarré en 2002 : il s’agit de la conception et de la fabrication de chargeurs externes pour véhicules électriques de l’industrie automobile (voitures particulières et utilitaires).

Cette deuxième activité démarre rapidement malgré le faible poids des véhicules électriques dans la flotte automobile mondiale (moins de 1 %).  Le potentiel de développement à terme est bien réel en raison des stratégies des constructeurs qui visent à promouvoir la fabrication et l’utilisation de véhicules « propres ». La croissance de ce marché repose en partie sur l’existence d’une infrastructure de charge.

Quel est le poids de l’activité internationale ?

La société vend aussi bien aux fabricants de véhicules électriques industriels, aux opérateurs de réseau d’infrastructures de charges qu’aux grands industriels automobiles et travaille avec de nombreux clients internationaux, basés en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Nous sommes présents aux Etats-Unis, par le biais d’une filiale commerciale, et en Chine, via une joint-venture industrielle et commerciale.

L’international représente 60 % de notre chiffre d’affaires. Celui-ci connaît une forte croissance : nous tablons sur 25 M€ cette année contre 16 M€ en 2015, soit une progression de plus de 50 %.

Quelle est l’importance de la Chine pour votre société ?

La Chine est un pays qui est nettement en avance en matière de développement des véhicules électriques. Ce phénomène a plusieurs explications.

D’une part, il y a une volonté affirmée des autorités chinoises de lutter contre la pollution. Par ailleurs, la Chine voit dans le développement des véhicules électriques une occasion de prendre une avance technologique sur les autres pays et de réaliser une percée sur le marché automobile mondial. Enfin, les autorités chinoises soutiennent activement le développement de l’industrie des véhicules électriques par le biais d’une série d’appuis importants : c’est devenu une priorité stratégique de la politique des transports chinoise.

Il est donc essentiel pour nous d’être présents sur un marché qui est en avance par rapport aux autres. Par ailleurs, la Chine permet de se confronter à une concurrence très dure qui oblige à être compétitif. C’est donc un marché fondamental pour notre stratégie de développement en Europe et dans le reste du monde.

Vous avez évoqué une joint venture industrielle en Chine. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Nous avons créé, en septembre 2015, une joint-venture (50/50) avec un partenaire chinois, le groupe Wanma, basé à Hangzhou, près de Shanghai. C’est un acteur spécialisé dans le matériel électrique, qui souhaite se diversifier dans les chargeurs et déployer un réseau de charge en Chine dans une logique d’exploitant.

L’activité de cette société conjointe a démarré en décembre 2015 et le bilan des premiers mois est très satisfaisant. Les premières bornes d’IES Synergy ont été déployées avec succès. Nous avons actuellement un carnet de commandes pour le déploiement de plus de 1 000 bornes, notamment à Beijing. Il y a un vrai potentiel de business en Chine et nous sommes très confiants pour l’avenir.

Avez-vous utilisé le RMB ?

A l’occasion de la création de notre joint-venture en Chine, nous avons été amenés à investir en RMB. Le capital étant de 40 millions de RMB, il nous revenait de fournir la moitié, soit 20 millions de RMB. Nous avons décidé, sur le conseil de notre banquier, de réaliser cet apport en RMB, directement depuis la France.

On dit souvent que l’utilisation du RMB est une opération compliquée, notamment en Chine…

En France, nous avons ouvert un compte en RMB, ce qui a nécessité une quinzaine de jours, soit davantage que pour un compte ordinaire en euros. Cependant, notre banquier nous a apporté un appui précieux.

Une fois le compte ouvert et alimenté, nous avons pu transférer les fonds en Chine. Comme dans n’importe quel autre pays, la libération du capital peut se faire par étapes, ce qui permet d’optimiser la stratégie financière.

Pour ce qui est de la Chine, le fait d’avoir un partenaire chinois a facilité les choses en matière de procédures réglementaires et administratives. C’est l’intérêt d’une joint-venture : la contrepartie connaît le contexte local. Le choix du « bon » partenaire est une condition essentielle du succès d’une entreprise étrangère en Chine.

L’utilisation du RMB vous a-t-elle apporté des avantages concrets ?

Le principal avantage réside dans le fait que toutes nos opérations sont libellées en RMB : nous n’avons pas de problématique de change. La joint-venture sous-traite la fabrication des bornes à une société chinoise. Nos achats en Chine sont facturés en RMB et nous vendons aux clients locaux dans cette monnaie.

Il faut cependant surveiller de près l’évolution du taux de change euro-RMB et la dévaluation récente de la monnaie chinoise n’est pas un élément favorable. Cependant, nous ne sommes pas guidés par des considérations de court terme : notre stratégie en Chine s’inscrit dans une vision à moyen et à long terme.

 

 

 


References

Topics:

Best Global Trade Finance Bank, GTR Leaders in Trade 2014

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