Villes vertes, villes connectées


Graham Smith et Rongrong Huo, de la division Sustainable Finance Unit, Global Banking and Markets, HSBC, nous parlent des villes vertes et connectées. Ils collaborent avec le secteur public sur la meilleure façon de planifier et financer des mesures pouvant rendre les villes plus durables écologiquement, ainsi qu'avec des acteurs clés du secteur privé pour l'approvisionnement en technologies propres. Ils exposent dans cet article à travers une série de questions-réponses la nécessité pour les villes de participer à la lutte contre le changement climatique et comment elles peuvent y contribuer.

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Pourquoi les villes jouent-elles un rôle important dans le changement climatique ?


Graham Smith (GS) : Dans les prochaines décennies, des centaines de millions de personnes vont quitter les campagnes pour venir s'installer dans des zones urbaines. Actuellement, environ 54 %(1) de la population mondiale vit dans les villes, une proportion qui devrait atteindre les 66 %(1) vers 2050.
Si l'on veut aller vers un avenir décarboné, les villes doivent donc absolument faire partie de la solution. Un aménagement urbain bien pensé et la généralisation de technologies respectueuses de l'environnement contribueront à diminuer les émissions de carbone dans les années à venir pour que les populations vivent dans un environnement plus durable.


Que pouvons-nous faire pour rendre les villes plus vertes ?


Rongrong Huo (RH) : Les villes tendent à avoir une forte empreinte carbone en raison du fait qu'elles concentrent beaucoup d'entreprises et de ménages consommant de l'énergie et des biens. Bien des choses peuvent être faites pour rendre les villes plus vertes, mais il est essentiel que ces efforts soient adaptés aux conditions locales.
Les villes des pays développés ont généralement de bonnes infrastructures, installées depuis longtemps. Par exemple, certaines parties du métro londonien ont plus de 150 ans. Le défi consiste donc à trouver les moyens d'améliorer les systèmes existants pour les rendre plus efficients.
Dans les pays émergents, en revanche, certaines villes appelées à héberger des millions de personnes d'ici à 2050 n'ont pas encore été construites. Les planificateurs se mettent ainsi à l'œuvre à partir d'une feuille blanche. Cela permet de définir d'emblée une stratégie comprenant de solides normes environnementales.
Lorsque l'on pense à des villes « vertes et connectées », on met parfois uniquement l'accent sur des solutions basées sur le numérique. Mais nous pensons que les villes ont besoin de tirer le meilleur parti des infrastructures physiques et numériques, et cela est particulièrement pertinent dans les pays émergents.


A quoi pourrait ressembler une ville durable dans 20 ans ?


GS : Dans une rue typique d'une ville d'aujourd'hui, il y a des conduits d'eau et des câbles électriques sous la chaussée, des véhicules circulant sur la voie et des lampadaires qui l'éclairent. Chacun de ces éléments peut être conçu de sorte qu'il opère plus efficacement aujourd’hui qu'il ne le faisait cinq ans auparavant. Dans chaque domaine, les technologies continueront de faire des progrès et d'être diffusées plus largement. Ainsi, dans les pays développés, la livraison des courses et des colis aux particuliers de même que le réapprovisionnement des commerces par des véhicules électriques n'est sans doute qu'une question de temps, prélude à une plus large adoption par les utilisateurs privés.


RH : Souvent, c'est la combinaison de différentes technologies qui fait la différence. Actuellement, de nombreuses villes utilisent des autobus qui intègrent plusieurs éléments de technologie avancée, tant pour le matériel que pour les logiciels. Les autobus modernes peuvent avoir des moteurs hybrides qui utilisent du combustible diesel et des batteries électriques. Un programme connecté à un GPS peut actionner le passage automatique au moteur exclusivement électrique dans les zones sensibles comme les écoles et les hôpitaux. Le même bus pourra également avoir un système automatique de paiement, les voyageurs utilisant des cartes à puce qui accélèrent le paiement et le service.
On peut aussi réfléchir à l'éclairage public. Aujourd'hui, lorsqu'une ville remplace les lampadaires à vapeur de sodium par l'éclairage LED, d'une meilleure efficacité énergétique, elle peut aussi installer en même temps des capteurs sans fil, liés à une gestion centralisée de la circulation et de l'information. Les informations fournies par ces capteurs contribueront ainsi à réduire les embouteillages et la pollution. J'espère qu'à l'avenir nous verrons une plus large intégration de technologies aidant à créer des villes « connectées » qui répondront en temps réel à la circulation urbaine.


GS : Il s'agit de solutions sophistiquées, mais il est important de se souvenir que des améliorations graduelles peuvent parfois apporter un changement sensible. Si une ville dans un pays émergent n'a pas les moyens d'installer des moteurs hybrides dans ses autobus, elle peut tout de même réduire les émissions nuisibles et améliorer l'environnement, en utilisant des pots d'échappement de meilleure qualité. Ou bien la municipalité peut aider les opérateurs pour qu'ils investissent dans de meilleurs logiciels de gestion des moteurs qui leur permettraient de mélanger les carburants pour qu'ils soient moins polluants. Il est probable que la construction de villes « vertes » sera, dans certains pays, un processus par étapes.


Qui peut mener à bien les changements nécessaires ?


GS : Les gouvernements nationaux donnent les orientations et établissent un cadre. Mais comme les villes sont différentes les unes des autres, et ont leurs caractéristiques et leurs défis propres, il est crucial de confier la direction aux autorités municipales. Dans de nombreux pays, les décideurs politiques le reconnaissent et commencent à déléguer les pouvoirs et les budgets aux maires et aux conseils municipaux des villes. Il existe une coopération internationale intense entre les villes, qui partagent leurs expériences et leur expertise. Et les entreprises privées ont un rôle à jouer, en les soutenant.


Quel est le rôle des banques comme HSBC, dans la construction de villes durables ?


RH : Les infrastructures et la technologie requièrent souvent des investissements importants. Les banques peuvent aider les autorités à planifier et à évaluer les différents risques et les diverses façons de lever des fonds, comme l'émission de dette ou des accords de partenariat public-privé. Dans les partenariats public-privé, l'équilibre du partage des risques et des responsabilités est vital, de façon à attirer des investisseurs et à obtenir en même temps les résultats dont les villes ont besoin.
Les banques internationales ont un rôle potentiel important à jouer. En règle générale, les plus grandes opportunités pour rendre les villes plus vertes se trouvent dans les marchés émergents, tandis que les entreprises innovantes, qui créent de nouveaux procédés et de nouveaux logiciels, se trouvent dans les pays développés. En les réunissant, il est possible d'obtenir des avantages importants pour les villes de ces deux types de pays.


(1) Source : HSBC
 


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